BED ZED
LONDRES,
Grande-Bretagne
BedZED
ou Beddington Zero Energy (fossil) Development est un petit quartier, îlot
résidentiel de 82 logements, construits au sud de Londres par le cabinet
d'architectes Bill Dunster.
Le projet couvre 1,7 hectares. Il
comprend 2 500 m² de bureaux et de commerces, un espace communautaire, une
salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre
médicosocial, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant ainsi
qu'une unité de cogénération. C’est le premier ensemble de cette taille et à ce
niveau d’efficacité énergétique à avoir été construit au Royaume-Uni, avec les
principes de l’Habitat écologique et un objectif social.
L'architecte Bill Dunster,
concepteur de ce projet pilote qui intègre toutes les techniques du
développement durable, a voulu reconstituer une cité-jardin traditionnelle à
l'anglaise, en densifiant autant que possible l'espace urbanisé. Edifié sur une
ancienne décharge publique, BedZED est aussi dense que le quartier de Soho, au
coeur de Londres. Son inventeur y a resserré les liens entre l'habitat et les
lieux de travail, délibérément mêlés. Multiplier les ensembles de ce type, assure-t-il,
permettrait presque de satisfaire les énormes besoins en logements des
Britanniques d'ici à 2016, en ne construisant que sur les terrains à bâtir,
sans toucher aux espaces agricoles et naturels.
A BedZED, l'impérative
protection de l'environnement ne sacrifie jamais le confort et la modernité.
Architecte militant, Bill Dunster n'a rien d'un écologiste rétrograde ou
grincheux. "J'en ai assez des activistes négatifs, explique-t-il. L'avenir
peut être désirable et amusant. A BedZED, on respecte l'environnement tout en
ayant un style de vie convivial et financièrement abordable."
Imaginé pendant trois ans
par Bill Dunster, avec le soutien de l'ONG anglaise Bioregional, cet
"éco-village" a été financé par la fondation Peabody, la plus
importante association caritative consacrée à l'habitat. Il accueille quelque
300 résidents dans 100 logements. C'est un site socialement mixte, destiné ni
aux bobos ni aux écolos, et où les plus aisés ont acheté leur appartement, et
les plus modestes le louent. Les sept corps de bâtiment, que prolonge un vaste
terrain de jeu, abritent les lieux propres à une communauté : cafétéria,
garderie, club sportif, centre de santé.
LA RANÇON DU SUCCÈS
BedZED utilise au maximum les matériaux naturels, renouvelables ou recyclables
- bois, briques, structures métalliques - disponibles dans un rayon de 50 km,
pour favoriser l'économie régionale et limiter les transports. La nourriture
est livrée chaque jour par 200 producteurs locaux, d'où une économie
d'emballages et une alimentation moins coûteuse et plus saine. "On a
calculé, rappelle Bill Dunster, que, dans ce pays, les composants d'un repas
moyen parcourent au total 3 200 km avant d'arriver sur la table du
consommateur."
Les inventeurs de BedZED
ont privilégié les solutions passives. Exemple : mieux vaut, pour économiser
l'énergie, une bonne isolation thermique qu'un équipement sophistiqué, sujet
aux pannes et cher à l'entretien. Chaque logement, exposé plein sud, possède
une serre qui capte la lumière et la chaleur et où des panneaux photovoltaïques
produisent de l'électricité. Un jardinet fait face à la serre. Les bureaux et
les commerces sont au nord, reliés aux logements par des passerelles.
Une centrale alimentée par
des résidus forestiers produit l'électricité et l'eau chaude sanitaire. Les
pertes thermiques sont minimes. Les murs ont 50 cm d'épaisseur, la toiture
contient un isolant végétal, les ampoules et les appareils consomment peu.
"Voyez, constate fièrement Bill Dunster, même par temps froid, il est
presque inutile de chauffer." Les eaux de pluie sont stockées, les eaux
sales, traitées biologiquement sur place. On a diminué le chauffage de 90 %,
l'électricité de 60 %, les déchets de 75 %.
La présence de l'automobile
a été réduite de moitié. On encourage l'usage partagé des véhicules. Sur le
parking, des bornes permettent de recharger gratuitement les voitures
électriques. A BedZED, l'empreinte écologique est deux fois moindre que dans
celle d'un quartier traditionnel. Les rares habitants qui l'ont quitté l'ont
fait pour empocher une plus-value immobilière, car, en trois ans, les logements
ont déjà presque doublé de valeur. Ecologie ou pas, c'est la rançon du succès.
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