LA MIC’HOUSE
HULTEHOUSE, MOSELLE –
France
Architecte :
Michael OSSWALD
Auto-construction:
Bienvenue à la Mic'house, la «maison
écolo», comme
disent les voisins de Michaël Osswald, propriétaire et concepteur de ce biotope
d'un nouveau type. Pour cet architecte strasbourgeois de 35 ans, une maison
respectueuse de son environnement, ce n'est pas seulement du bois en décoration
extérieure : c'est aussi une façon de vivre. Plus proche de la décroissance
économique que de la philosophie écologiste, il s'est construit une tanière
selon ses goûts et à ses idées. D'abord le terrain. Minuscule (900 m2), alors
que la forêt environnante s'étale sur des kilomètres, entre l'Alsace, près de
Saverne, et les contreforts vosgiens ; mal foutu ensuite : l'enclos est long et
large comme un couloir. «Personne n'en voulait, car il y avait trop
d'arbres.
Moi, je l'ai pris pour ça», dit-il. Tel Idéfix, il les a tous gardés et y a glissé son
chez-soi, un volume dessiné en fonction des vues sur l'extérieur. A l'est, le
pré aux moutons et la ligne bleue des Vosges pour la baie vitrée de la chambre
à coucher. A l'ouest, la salle à manger s'ouvre sur une terrasse ombragée. Au
nord, la fenêtre encadre les chênes du jardin.
Minimalisme. Autour de ces trois vues, l'espace
s'organise, ouvert et aéré. Seule la salle de bains est une pièce fermée, les
chambres et le petit bureau s'isolent grâce à un lourd rideau de feutre gris ou
une porte pivotante. «Je suis pour une architecture minimale», dit Michaël Osswald.
Minimale en
coûts et en effets. Petite (84 m2), la maison répond aux principales exigences
écologiques. Découpée dans du mélèze venant de la région, elle est isolée par
des matériaux non toxiques (ouate de cellulose), ventilée par un puits canadien
(un tuyau enterré dans le sol qui assainit l'air de la maison), chauffée au
bois (l'électricité vient en renfort en cas de grosse froidure), alimentée en
eau chaude par panneau solaire et climatisée par le toit végétalisé, qui
absorbe les rayons solaires. «Nous avons remis sur le haut de la maison la
terre que nous avions enlevée pour la construction, explique Michaël Osswald.
En
fait, j'ai un peu honte d'avoir construit une maison pour ma seule famille. En
France, nous consommons trop de terrain avec cette idéologie de la "maison
individuelle avec enfants". Je suis pour l'habitat collectif, qui évite le
mitage du paysage. Avec le toit végétalisé, j'ai reconstitué à ma façon le
terrain que j'avais pris...»
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